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Fontaines de Bretagne
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Type de fontaine : Fontaines de la mort

Fontaine Saint-Diboan / Sant-Diboan, Aussi Appelée Abibon

Saint Diboan

Localisation : Plévin / Plevin (22340)

 Pays : Pays du Centre Ouest Bretagne

 Le Chemin des Fontaines Bretonnes :
7-Les Montagnes Noires
Etape : 10


Coordonnées GPS :
Fontaine : Merci de nous les communiquer si vous les connaissez à lassalle [at] altern [point] org


       
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 Bibliographie
(1) fontaines de la mort
Invocation « à la vie, à la mort ».

(1) fontaines oraculaires
Lorsque le sort d'un malade était incertain, la famille donnait procuration à une pèlerine pour se rendre à la fontaine. Celle-ci devait vider l'eau de la fontaine avec une écuelle afin de connaître l'issue de la maladie. Si l'eau sourdait bruyamment au fond de la fontaine, le malade allait trépasser. Si l'eau s'écoulait sans bruit, le malade devait guérir.

(2) LES MONTAGNES NOIRES
Plévin, commune des Côtes d'Armor, à la limite du Finistère et du Morbihan, faisait partie autrefois de la Cornouaille. C'est le lieu où est mort et enterré Julien Maunoir, missionnaire de la Réforme chargé d'effacer les dernières traces de croyances celtiques ancrées dans le peuple breton au XVIIème siècle. Malgré le soutien qu'il apporta à la répression des armées de Louis XIV lors de la révolte des paysans contre le papier timbré, les habitants de Plévin l'enterreront dans leur église. Aujourd'hui encore, il y est vénéré. Une grande statue de Maunoir, offerte par les Jésuites de Quimper à la paroisse en 1825, reçoit les offrandes des fidèles.
A 500 mètres du bourg, en direction de Paule, on peut visiter la chapelle et la fontaine de saint Diboan. Le sanctuaire abritait jadis les statues de saint Abibon et de Notre-Dame-de-Délivrance. Le pardon a lieu à la mi-août.
La fontaine est située au creux d'un vaste pré. Elle a été restaurée il y a peu de temps. Deux niches abritent des statues anciennes: l'une représente la Vierge, l'autre un saint. Ne croirait-on pas voir deux divinités celtiques ?
D'après certains spécialistes, saint Diboan ne serait autre que saint Abibon que l'on retrouve aux côtés de saint Nicodème à Pluméliau (Morbihan).
On venait à la source de saint Diboan (en breton, «diboan» signifie sans douleur, délivrance !) pour savoir si le malade guérirait ou mourrait: «Tu pe tu», d'un côté ou de l'autre. Pour obtenir une réponse, on commençait par vider le bassin avec une écuelle. Ensuite, on se penchait vers le trou d'où jaillit l'eau : ou bien on n'entendait rien et alors la guérison était possible, ou bien on entendait un gargouillis et c'était la mort probable du malade pour qui on était venu interroger saint Diboan.

(3) Plévin / Plevin
Une évolution régulière de Pleguin (1330) pour Ploeguin conduit pour cette paroisse primitive à l'appellation Ploevin en 1599 puis à Plévin. L'éponyme en est alors un saint du nom d'Evin, variante de Ewin. Celui-ci fut prince de Northumbrie en Cornwall au VIIème siècle et mourut comme martyr. Il était le frère de sainte Hié (ou Hia), éponyme de Plouyé.
Les deux notations Ploezvin (1371) et Ploeizvin (1394) peuvent laisser supposer un rapport avec Ethbin encore appelé Eben à Pleyben ou Ediunet. Plévin a pour premier composant Ploe, paroisse; il s'agit d'ailleurs d'une paroisse primitive qui couvrait un territoire beaucoup plus vaste que celui d'aujourd'hui.
Plévin se traduit par « paroisse de Evin ».

(3) Saint Diboan / Sant-Diboan, aussi appelée Abibon
Le nom Diboan contient le breton «poan», peine, souffrance, douleur; le préfixe di- étant privatif, Diboan s'est référé à quelqu'un qui soulageait les douleurs.
Ainsi, invoque-t-on saint Diboan pour soulager les souffrances des malades et notamment des moribonds. Pendant longtemps, le jour du pardon, on vendait aux enchères les chemises des défunts de l'année.
Fêté le 28 janvier.

(4) Saint Diboan / Sant-Diboan, aussi appelée Abibon
Saint Diboan n'est pas à proprement parler un saint. On l'identie généralement à saint Abibon (mais il pourrait être identifié à un autre saint.
Il représente plus une idée qu'un personnage, même s'il est profondément entré dans la conscience populaire.
Pouvoir(s) Guérisseur(s) attribué(s) au saint :
1) MALADIES AFFECTANT LA TÊTE : Oreilles
Fontaine(s) de guérison : Meslan (56)
2) CAS EXTREMES :
Diboan signifie « sans douleur », « Tu-pe-Du », « D'un coté ou de l'autre ».
Dans les cas désespérés, on demande ainsi au saint de décider ou de la guérison ou de la mort du malade.
Ce saint est très connu en Bretagne occidentale.
Fontaine(s) de guérison : Plévin (22)
Dans les Côtes d'Armor, on invoque Saint Diboan à Plévin (canton de Maël-Carhaix) où il a chapelle et fontaine.

(5) Saint Diboan / Sant-Diboan, aussi appelée Abibon
...Quand on n'interroge pas les fontaines sur l'amour, on les interroge sur la mort et cette demande qui peut prendre des formes différentes met en oeuvre un pouvoir troublant des fontaines...
Les mères interrogent sur les chances de survie de leurs bébés, les femmes de marin sur le sort de leur mari en mer, les familles de moribonds sur l'issue de la maladie de leur parent, enfin tout un chacun sur la durée de sa propre vie.
Les fontaines qui répondent à ces questions angoissantes sont dédiées à d'assez nombreux saints différents, mais l'un d'entre eux se distingue par son caractère particulièrement dramatique.
C'est saint Diboan, le saint qui délivre de toute peine. Saint Diboan est un saint breton qui n'a peu la reconnaissance de Rome mais qui n'en a pas moins une vingtaine de lieux de culte en Bretagne et plusieurs fontaines. Son hagiographie est un exemple de légende populaire mais son importance vient de son association étroite avec la mort. Saint Diboan peut nous sauver ou nous faire trépasser.
On lui demande en effet à tous ses sanctuaires de hâter le sort des malades gravement atteints : s'ils doivent guérir, qu'ils guérissent rapidement, mais s'ils doivent mourir qu'ils meurent rapidement. Saint Diboan est le saint de la fin des souffrances.
Pour obtenir cette grâce de saint Diboan, on utilise deux types de rituel : soit on vide la fontaine, on la nettoie et on lit dans la façon dont elle se remplit à nouveau le présage que l'on est venu chercher (l'absence de bruit de la source est interprétée comme un présage favorable); soit on emporte de l'eau de la fontaine que l'on verse sur le malade pour lequel on est allé à la fontaine Saint-Diboan, ce qui aura pour effet immédiat de soulager le moribond ou d'entraîner sa mort.
Que l'on comprenne bien, saint Diboan (ou l'eau de ses fontaines) ne tue personne, il hâte seulement un destin qu'il n'influence pas.
Néanmoins, il s'agit là de pratiques particulièrement dramatiques qui répondent à des situations de très grand désespoir. On comprend facilement aussi pourquoi saint Diboan est considéré sans enthousiasme à Rome.
Lorsque les mères viennent interroger les fontaines sur le sort de leurs enfants, elles font les mêmes gestes que lorsqu'elles demandent la protection pour leurs petits, à savoir qu'elles plongent l'enfant dans la fontaine, ou plus souvent un de ses vêtements et, des réactions de l'enfant ou de ce que devient le vêtement, elles tirent le présage qu'elles sont venues chercher.
Enfin, pour savoir le sort des marins qui tardent à rentrer au port, de même d'ailleurs que pour savoir la proximité de sa propre mort, on utilise les mêmes moyens.
On pose sur l'eau de la fontaine un morceau de pain, beurré ou non, ou une croix de brindilles et des mouvements de ces objets, on tire espoir ou non.
D'un façon générale, si le pain ou la croix coule, le présage est funeste : le marin ne reviendra pas ou vous ne verrez pas l'année qui vient.
Ces interrogations sur la mort s'inscrivent totalement dans l'esprit de la société traditionnelle et les attestations les plus récentes que j'en ai trouvées remontent à la période de l'entre-deux-guerres.
(Sylvette Denèfle, Croyances aux fontaines en Bretagne).



Extrait de :
(1) Les Fontaines de Bretagne, Albert Poulain - Bernard Rio, YORAN EMBANNER, 2008, p.41,47
(2) Le Chemin des Fontaines, Roger LE DEUNFF, Editions DANCLAU, 1996, p.74
(3) Bretagne des Saints et des croyances, Michel Priziac, Ri-Dour Editions, 2002, p. 121 (Lieu:Plévin), 413 (Saint:Diboan)
(4) Les saints qui guérissent en Bretagne, Hippolyte Gancel, Editions Ouest-France, janvier 2004, p.53, 241
(5) Croyances aux fontaines en Bretagne, Sylvette Denèfle, Édisud, 1994, p.101,103,106
     
     
Bibliographie conseillée et remerciements aux auteurs

Fontaines de Bretagne
Albert Poulain - Bernard Rio

Le chemin des fontaines bretonnes
Roger LE DEUNFF
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