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Fontaines de Bretagne
367 fontaines
15/12/17
Nina...Yann Diarhen/Yann Divoutoù, Santig Du /ST Arzhul
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Type de fontaine : Fontaines de la mort

Fontaine Notre-Dame-de-la-Vérité / Itron-Varia-ar-Wirionez

Saint Yves
Pouvoir : Toutes les maladies, Justice

Localisation : Caudan / Kaodan (56850)

 Pays : Pays de Lorient


Coordonnées GPS :
Fontaine : Merci de nous les communiquer si vous les connaissez à lassalle [at] altern [point] org

 http://www.personal.kent.edu/~rbe...

       
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 Bibliographie
(1) fontaines de la mort
Rituel de saint Yves-de-Vérité/sant Erwan-ar- Wirionez.

(2) Saint-Yves-de-Vérité était une sorte de "spinoff" de St. Yves, dit le Juste, qui était né à Tréguier.
« ...Mais Coupaïa garde son secret; elle ne l'a dit encore à âme qui vive qu'à Salaün; elle ne répond rien à la vieille, et celle-ci continue après un silence :

- Tu te défies, tu as peur, mais c'est que tu ne connais pas bien Cato Prunennec. Va-t'en à Servel, ma fille; interroge ceux de mon âge, ils te diront qui je suis : à présent, certes, une mendiante de paroisse comme toutes les autres, mais ma condition a bien changé depuis quelques années...
Quand tu m'as vue, ce soir d'hiver, sur la grande route de Tréguier, ma baguette blanche à la main, qui me hâtais vers Saint-Yves-de-Vérité, j'étais encore pèlerine de mon métier.
Que de chapelles et d'églises j'ai visitées ainsi, non pour moi, quoique je sois pieuse dans le fond du coeur et attachée aux pratiques de ma religion, mais, comme tu le disais, tout à l'heure, ma fille, je n'aurais point trouvé l'argent nécessaire à tant de pèlerinages, si je les avais accomplis à mon compte. D'autres m'en chargeaient : des invalides, des femmes aux approches de leur terme ou des hommes que la moisson retenait aux champs jusqu'à l'automne. Et pour eux et en leur nom je déposais l'offrande sur l'autel, la prière au pied du saint, et pas un, tu peux le demander à tout Servel, n'a eu à se plaindre que Cato Prunennec l'ait trompé d'un liard ou d'un pater dans ses pèlerinages...
Mais j'ai vieilli, ma fille, et la foi, chaque année qui vient, s'est faite plus vacillante dans le coeur des hommes. On ne m'employait plus qu'à des missions rapprochées et qui ne me donnaient point de quoi vivre; et puis, je ne sais pas si tu l'as remarqué, les prêtres, on dirait qu'ils sont maintenant contre la religion. Va Doué!... Qu'est-ce que nos saints nationaux leur ont donc fait? Nous les connaissions depuis si longtemps et ils nous connaissaient si bien! Gonnery était tout-puissant contre les maux de tête, et Kirech mariait dans l'année les filles qui, à l'aide d'une épingle, faisaient descendre l'esprit dans sa statue; mais Gonnery n'a plus d'autel et Kirech maintenant est en pierre : va donc le réveiller! [3] J'ai vu pire encore : à Pleumeur, un prêtre, oui, un clerc à peine tonsuré, qui, sous prétexte que la statue d'Uzec était trop vermoulue pour figurer sur l'autel, l'a fait enlever et remplacer par la statue d'un saint étranger, dont les attributions nous sont inconnues et qui ne peut pas nous aimer ni nous servir, certes, puisqu'il n'est pas du pays. . . Mais le dernier coup, ma fille, c'est que le pèlerinage de justice, l'assignation à Saint-Yves-de-Vérité, ait été interdit. Il y a de cela cinq ou six ans. C'était la place dévote la plus fréquentée de Bretagne; non point qu'on en parlât beaucoup (son nom était évité comme un mauvais signe dans les conversations des gens), ni qu'elle donnât lieu à un pardon plus rare que les autres, je ne sais même pas s'il y avait un pardon de Saint-Yves-de-Vérité. Mais le mystère dont elle s'entourait n'était pas pour nuire à son crédit. Bien au contraire. On s'y rendait de partout; seulement les gens s'y rendaient avec précaution, de nuit, et même, pour détourner des curiosités gênantes, la plupart préféraient charger quelque pauvresse comme moi d'y porter les voeux secrets de leur coeur. . . C'était le bon du métier. Moi qui te parle, j'ai eu jusqu'à trois écus d'une seule personne, rien que pour me rendre à Saint-Yves-de-Vérité et en revenir comme j'étais allée, les lèvres closes. . . Tu ne me crois pas, peut-être. Ma fille, il faut que je te le dise, c'est qu'on pouvait se fier à monseigneur saint Yves. Il n'y a pas d'exemple qu'on l'ait adjuré en vain. Il suffisait de l'aller trouver dans sa chapelle et de lui dire : « Tu étais juste de ton vivant, montre que tu l'es encore. » Et le faux témoin contre qui on l'avait adjuré mourait dans l'année; l'épouse qui avait failli mourait dans l'année; le frère qui avait fait tort à son frère...

- Le frère! dit sourdement Coupaïa.

Mais, si bas qu'elle ait laissé échapper cette exclamation, la mendiante a entendu. Elle reprend, insistant sur le mot.

- Le frère, oui... C'est à ton frère que tu en veux, toi.

Coupaïa se raidit de toutes ses forces.

- Je n'ai pas de frère...

- Pas de frère? Mais tu es mariée; alors c'est au frère de ton mari. . .

- Et quand cela serait, mendiante? dit Coupaïa que cette pénétration exaspère. Tes questions sont sottes et ne méritent point qu'on s'en occupe. Va-t'en !...

Et après un silence, quand la mendiante, debout, son sac rajusté sur les épaules, est prête à gagner la porte :

- D'ailleurs, à quoi cela servirait-il ? Tu viens de me dire que Saint-Yves-de-Vérité n'existe plus.

La mendiante se retourne vers Coupaïa

- La chapelle du saint a été démolie.
Le recteur de Trédarzec est celui qui a fait le coup;
son sacristain avait été voué et il est mort dans l'année même. C'est exact. Le pèlerinage ne peut plus s'accomplir sous son ancienne forme. Seulement, écoute bien, ma fille, tu t'emportes, tu ne veux pas te livrer, mais tu es une croyante. J'ai vu cela tout de suite en entrant ici; les murs disent que tu pries... Moi, je sais où l'on a transporté la statue du Justicier.

La Statue de Saint-Yves-de-Vérité?

La légende sur une vieille carte postale dit :
"Le Véritable St. Yves-de-Vérité. Statue très ancienne recueillie dans la chapelle en ruines de Trédarzec par le Maestro Ambroise Thomas et conservée dans la chapelle de sa propriété, à L'Ile Illiec"
»



Extrait de :
(1) Les Fontaines de Bretagne, Albert Poulain - Bernard Rio, YORAN EMBANNER, 2008, p.41
(2) Le crucifié de Kéraliès
     
     
Bibliographie conseillée et remerciements aux auteurs

Fontaines de Bretagne
Albert Poulain - Bernard Rio

Le chemin des fontaines bretonnes
Roger LE DEUNFF
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